Même absence d'appel, même rentrée tardive, même absence d'explications. Je ne peux pas t'accuser de me mentir parce que tu ne me dis rien sur où tu es, sur ce que tu fais et avec qui, bien sur. J'ai trop pleuré, j'ai trop essayé de t'appeler les premières fois. Maintenant, je pleure le plus tot possible pour laisser le temps à mes larmes de sécher. Maintenant, je n'appelle plus, du moins pas avant minuit bien passé quand je ne tiens vraiment plus. Maintenant, je me fais une contenance, pas de reproches, pas de cris, pas de larmes. Une sorte de sourire, qui ressemble à un rictus que je déteste, pour te poser des questions alors que tu ne m'en poses même pas, pour m'inquiéter de ta journée alors que tu te fous de la mienne, pour te témoigner mon amour alors que tu ne me respectes même pas, alors que tu te fous de ma douleur et de ma peine, alors que tu te fous de me laisser là toute seule, comme si je n'existais même pas, comme si je n'étais qu'un meuble de plus dans cet appartement qui contient ma solitude, ma douleur et ma rage, dans cet appartement qui est seul témoin de mes larmes. Voilà tout l'air que je te donne, je te donne de l'air et moi je suis en apnée et tu ne le vois même pas. Et ce que je veux, moi, dans tout ça ? Et ce que je suis ?
Tu veux savoir, je n'ai pas d'amis, je n'ai plus d'amis. J'ai été ballotée d'un endroit à un autre entre toi, entre Bruxelles, entre St Martin, entre le retour en cours. Mes amis d'avant hier ont refait leur vie, éparpillés un peu partout. Mes amis d'hier sont juste trop loin pour que je les vois. Et je n'ai pas eu de nouveaux amis dans cette école où j'ai vécu cette année comme une prisonnière volontaire. Bien sur j'ai parlé à des gens mais j'étais à dix mille lieux d'eux avec ce que j'avais vécu, avec ce que je vis. Tu ne sais même pas ma solitude. Et non, moi je ne me suis pas "rapprochée de quelqu'un". Je n'ai pas cherché ailleurs ce que je pensais avoir chez moi. Malgré les moments de doute, malgré les moments où je ne sentais plus ton soutien, je ne suis pas allée vider mon sac ou chercher une quelconque affection auprès de quelqu'un d'autre parce que je sais le mal que ça peut faire à l'autre. Parce que je ne crois pas en ça, parce que je ne crois pas que la solution vienne d'ailleurs que d'un dialogue entre nous et parce que j'ai toujours cru en nous, parce que j'y crois encore.
Mes larmes ne changent rien à la situation. Je ne remets pas entièrement mon destin entre tes mains. J'ai des projets pour moi. J'ai des rêves encore. Bien sur, tu es dans mes rêves. Bien sur, tu fais partie de mes projets. Je ne veux pas imaginer ma vie sans toi mais cette vie implique ton respect et ton amour véritable. Je ne veux pas de mensonge, je ne veux pas être avec quelqu'un qui ne veux pas être avec moi. Mon amour pour toi vaut mieux que ça, vaut plus que ça. Et si je peux t'aimer seule, je ne peux pas nous aimer pour deux. Je ne sais pas être un meuble, je ne sais pas rester là sans preuve d'amour, sans tendresse, sans vivre une vie de couple, une vie d'amour. Je te laisse le temps. Oui, je ne fais que ça. Je suis compréhensive, j'espère que tu le vois. Je mets de coté mon égo. J'accepte ton manque de respect. J'accepte ta froideur. ça ne veut pas dire que je ne craque jamais, parce que je suis humaine, parce que je suis amoureuse et parce que j'ai mal et j'ai peur aussi. Mais surtout je t'aime. Alors j'attends et j'espère. J'espère ne pas avoir tord d'attendre. J'espère que tu m'aimes encore vraiment. J'espère que tu as envie de continuer ta vie avec moi. Je l'espère de tout mon coeur, de tout mon être. Je n'espère que ça, tu le sais...